lipodystrophies généralisées ou partielles - des maladies rares avec de multiples aspects

Les LG et LP sont très hétérogènes dans leur présentation et très rares, elles sont caractérisées par une perte partielle ou complète de tissu adipeux sous cutané. On distingue 4 grandes catégories : généralisée ou partielle, familiale ou acquise.1

Caractéristiques et sous types de lipodystrophies généralisées2,7,8,9,18,19

 

Lipodystrophie généralisée congénitale
(syndrome de Berardinelli-Seip)

Lipodystrophie généralisée acquise
(syndrome de Lawrence)

Raeya, lipodystrophie généralisée congénitale

Apparence physique

Absence
de graisse

Accumulation
variable de graisse

Perte de
graisse

Accumulation
variable de graisse

Age moyen de survenue

0,3 ans
(intervalle 0-12 ans)

5 ans
(intervalle 0-15 ans)

Caractéristiques et sous types de lipodystrophies partielles1,2,7,9,18,20,21

 

Lipodystrophie partielle familiale
(type Dunnigan ou Köbberling)

Lipodystrophie partielle acquise
(syndrome de Barraquer-Simons)

Linda, lipodystrophie
partielle familiale

Apparence physique

Perte de
graisse

Accumulation
variable de graisse

Perte de
graisse

Accumulation
variable de graisse

Age moyen de survenue

9,9 ans
(intervalle 0-16 ans)

8,2 ans
(intervalle 0,5-16 ans)

Les symptômes clefs et l’aspect des LG et LP peuvent permettre d’évoquer le diagnostic. Les anomalies principales sont résumées dans les recommandations internationales qui ont été développées par plusieurs associations internationales de médecins. 1

Symptômes principaux

Absence généralisée ou partielle de tissu adipeux sous cutané

Autres caractéristiques physiques

Aspect musculaire et veines saillantes

Acanthosis nigricans important, xanthomes éruptifs

Aspect cushingoïde, acromégaloïde ou progéroïde

Retard staturo-pondéral

Caractéristiques cliniques

Diabète nécessitant de hautes doses d’insuline :

  • ≥ 200 U/jour, ≥ 2 U/kg/jour  
  • Utilisation d’insuline U-500

  Hypertriglycéridémie sévère :

  • ≥ 500 mg/dl (≥ 5.65 mmol/l)
  • ≥ 250 mg/dl (≥ 2.83 mmol/l)
  • Antécédents de pancréatite associés avec une hypertriglycéridémie

Stéatose hépatique non alcoolique chez des patients qui ne sont pas en surpoids

Cardiomyopathie de survenue précoce

Syndrome des ovaires polykystiques
Aménorrhée
Hypogonadisme secondaire

Hyperphagie importante

Comorbidités

L’hyperphagie liée au déficit en leptine peut conduire à une augmentation du nombre de calories ingérées qui aggrave encore la maladie1. Chez les enfants, la prévalence du diabète varie en fonction du sous type entre 48% et 70%3. L’hépatomégalie liée à la stéatose hépatique est fréquemment retrouvée. Cela peut aller jusqu’à une hépatite stéatosique, une cirrhose hépatique voire même une insuffisance hépatique2,4. 55% des patients avec lipodystrophie généralisée ont une cardiomyopathie5. Les taux réduits de leptine conduisent à une augmentation du risque d’infection du fait d’un rôle sur le système immunitaire6. Les patients avec lipodystrophie peuvent mourir précocement. Les causes principales sont : maladie cardiaque 5 (cardiomyopathie, insuffisance cardiaque, infarctus du myocarde, arythmie), maladie du foie7,8 (insuffisance hépatique, hémorragie gastro-intestinale, carcinome hépato-cellulaire), insuffisance rénale8, pancréatite aigüe et sepsis1.

Avez-vous un patient qui a développé un diabète précoce de type 2 malgré un indice de masse corporelle bas ? Un jeune patient qui mange trop et qui reste mince malgré cela ? Un jeune patient avec un foie stéatosique sans cause évidente ?

Il peut s’agir de lipodystrophies généralisées ou partielles !

Les symptômes pertinents sont un diabète difficile à traiter et nécessitant de hautes doses d’insuline, une hypertriglycéridémie sévère, le développement précoce d’un foie stéatosique, une hépatite stéatosique, une cardiomyopathie précoce, une hyperphagie importante, un syndrome des ovaires polykystiques et un développement anormal.

1 Brown et al., The Diagnosis and Management of Lipodystrophy Syndromes: A Multi-Society Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2016; 101: 4500 – 4511.

2 Handelsman Y, Oral EA, Bloomgarden ZT, et al. The clinical approach to the detection of lipodystrophy – An AACE Consensus Statement. Endocr Pract 2013;19:107–116

3 Gupta et al., Clinical Features and Management of non-HIV related Lipodystrophy in Children: A Systematic Review. J Clin Endocrinol Metab. 2017; 102: 363 - 374“

4 Garg A, Misra A. Hepatic steatosis, insulin resistance, and adipose tissue disorders. J Clin Endocrinol Metab 2002;87:3019-22.

5 Lupsa BC, Sachdev V, Lungu AO, et al. Cardiomyopathy in congenital and acquired generalized lipodystrophy: a clinical assessment. Medicine (Baltimore) 2010;89:245–50.

6 Fernández-Riejos P, González-Yanes C, Najib S, et al. Role of Leptin in the Immune System. Current Immunology Reviews 2008; 4:230-234.

7 Mantzoros CS, Magkos F, Brinkoetter M, et al. Leptin in human physiology and pathophysiology. Am J Physiol Endocrinol Metab 2011;301:E567–84.

8 Seip M. Generalized lipodystrophy. In: Frick P vHG, Miller AF, Prader A, Schoen R, WolfHP(eds), ed. Ergeb InnMedKinderheilkd: Springer Berlin;1971:59–95.

9 Paz-Filho G, Mastronardi CA, Licinio J. Leptin treatment: facts and expectations. Metabolism 2015;64:146-56.

10 Van Maldergem L, Magre J, Khallouf TE, et al. Genotype-phenotype relationships in Berardinelli-Seip congenital lipodystrophy. J Med Genet 2002;39:722–33.