lipodystrophies généralisées et partielles - les différentes formes

Les 2 formes de lipodystrophies, généralisées et partielles, peuvent être familiales ou acquises1. La prévalence est respectivement de moins de 1 pour 1 million (formes généralisées) et de moins de 3 pour 1 million (formes partielles). Il existe aussi d‘autres sous types avec des caractéristiques génétiques partiellement définies et différentes manifestations cliniques. La cause des formes acquises n’a pas encore été totalement élucidée. Des causes auto-immunes et/ou infectieuses sont discutées. 3,4,5

Sous-types et caractéristiques de lipodystrophies généralisées3,4,5,6,7,8

 

Lipodystrophie généralisée congénitale
(Syndrome de Berardinelli-Seip) 

Lipodystrophie généralisée acquise
(Syndrome de Lawrence) 

Raeya, lipodystrophie généralisée congénitale

  Apparence physique

Absence
de graisse

Accumulation
variable de graisse

Perte de
graisse

Accumulation
variable de graisse

Age moyen de survenue

0,3 ans (intervalle 0-12 ans)

5 ans (intervalle 0-15 ans)

Répartition
homme / femme

1 homme pour 1 à 2 femmes

1 homme pour 3 femmes

  Apparence type

  • Aspect musculaire avec veines saillantes et ombilic proéminent
  • Hépatomégalie
  • Hyperphagie, accélération de la courbe de croissance, âge osseux avancé ou caractéristiques acromégaloïdes
  • Puberté précoce et rarement puberté et règles prématurées
  • Plus fréquent dans les groupes ethniques avec cas de consanguinité parentale
  • La progression de la perte de tissu adipeux prend des semaines ou des années
  • Hyperphagie
  • Hyperkératose, et pigmentation généralisée ou localisée
  • Hépatomégalie

Signes et symptômes

  • Les comorbidités sont fréquentes et sévères
  • Hépato et splénomégalie
  • Diabète sucré et acanthosis nigricans
  • Règles irrégulières, hirsutisme, hyperandrogénisme, ovaires polykystiques et/ou infertilité chez les femmes

     

  • Présence de maladies auto-immunes ou de panniculite
  • Hépato et splénomégalie
  • Diabète sucré
  • Hirsutisme, hypogonadisme et acanthosis nigricans

Sous types vus (causes et effets)

  • LGC1 : mutations de AGPAT2. Les patients manquent de tissu adipeux métaboliquement actif
  • LGC2 : mutations de BSCL2. Forme la plus sévère. Les patients manquent de tissu adipeux mécaniquement et métaboliquement actif, ils souffrent également de retard mental
  • LGC3 : mutations de Caveolin 1 (CAV1) ; Associé à une petite taille et à une résistance à la vitamine D, un seul patient connu
  • LGC4 : mutations du facteur PTRF (polymérase I et facteur d’activation de la transcription). Absence extrême de tissu adipeux corporel associée à une sténose pylorique.
  • Cause de lipodystrophie non totalement connue

Sous types et caractéristiques de lipodystrophies partielles1,3,4,5,7,9,10

 

Lipodystrophie partielle familiale
(type Dunnigan ou Köbberling)

Lipodystrophie partielle acquise
(Syndrome de Barraquer-Simons)

Linda, lipodystrophie partielle familiale

Apparence physique

Perte de
graisse

Accumulation
variable de graisse

Perte de
graisse

Accumulation
variable de graisse

Age moyen de survenue

9,9 ans (intervalle 0-16 ans)

8,2 ans (intervalle 0,5-16 ans)

Répartition homme / femme

1 homme pour 1 à 2 femmes

1 homme pour 4 femmes

Apparence type

  • L’apparence peut être cushingoïde ou ressemblant à l‘obésité.
  • Accumulation de graisse au niveau du cou dans certains sous types
  • Hyperphagie
  • La perte de graisse survient de manière céphalocaudale
  • La progression de la perte de tissu adipeux peut prendre des mois ou des années
  • Accumulation de graisse au niveau des hanches ou des jambes

Signes et symptômes

  • Les anomalies métaboliques se développent à l’âge adulte
  • Diabète et acanthosis nigricans
  • Hirsutisme et hyperandrogénisme chez les femmes
  • Hépatomégalie
  • Les complications métaboliques sont moins fréquentes
  • La principale cause de morbidité est la maladie rénale liée à l’auto-immunité qui peut aboutir à une insuffisance rénale

Sous types vus
(causes et effets si décrits)

  • LPF1 : cause inconnue. Perte de graisse au niveau des fesses et des membres, souvent sans modification des taux de leptine
  • LPF2 : mutations de lamine A/C- Accumulation de graisse autour du cou et taux de leptine réduits
  • LPF3 : mutations de PPARG (peroxisome proliferator activated receptor gamma)
  • LPF4 : mutations de perilipin 1 (PLIN1)
  • LPF5 : mutations de CIDEC (Cell-death-inducing DNA, fragmentation factor a-like effector c)
  • LPF6 : mutations de ADRA2A (Adrenoceptor alpha 2A)
  • LPF7 : mutations de LIPE (Hormone-sensitive lipase)

Causes de lipodystrophie non totalement connues (auto-immune ou génétique)

Particulièrement dans les formes partielles, la perte de tissu adipeux sous cutané peut ne pas être directement perçue comme un symptôme majeur. L’attention doit être portée sur toute perte de tissu adipeux sous cutané au niveau des bras ou des jambes. Par contraste, il peut y avoir accumulation de graisse au niveau de la face et du cou (bosse de bison), en particulier chez les femmes. Les dépôts ectopiques de graisse intra abdominale avec une augmentation correspondante de la ceinture abdominale peuvent conduire à une apparence cushingoïde ou obèse.

Dans les formes acquises de LP la perte de graisse est plus lente, démarrant de la tête vers le haut de l’abdomen. Il peut par ailleurs y avoir accumulation de graisse au niveau des fesses, des hanches et des extrémités inférieures. Un aspect typique de « culotte de cheval » se développe.

Prêtez attention aux patients avec une distribution inhabituelle des graisses et une apparence Cushingoïde : ils peuvent avoir une LP !

1 Brown et al., The Diagnosis and Management of Lipodystrophy Syndromes: A Multi-Society Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2016; 101: 4500 – 4511.

2 Chiquette E, Diabetes, Metabolic Syndrome and Obesity: Targets and Therapy 2017:10 375-383.

3 Gupta et al., Clinical Features and Management of non-HIV related Lipodystrophy in Children: A Systematic Review. J Clin Endocrinol Metab. 2017; 102: 363 - 374“

4 Nolis T. Exploring the pathophysiology behind the more common genetic and acquired lipodystrophies. J Hum Genet 2014;5:16-23.

5 Handelsman Y, Oral EA, Bloomgarden ZT, et al. The clinical approach to the detection of lipodystrophy – An AACE Consensus Statement. Endocr Pract 2013;19:107–116.

6 Garg A, Misra A. Hepatic steatosis, insulin resistance, and adipose tissue disorders. J Clin Endocrinol Metab 2002;87:3019-22.

7 Agarwal AK, Simha V, Oral EA, et al. Phenotypic and genetic heterogeneity in congenital generalized lipodystro¬phy. J Clin Endocrinol Metab 2003;88:4840-47.

8 Misra A, Garg A. Clinical features and metabolic derangements in acquired generalized lipodystrophy: case reports and review of the literature. Medicine (Baltimore) 2003;82:129-46.

9 Garg A. Gender differences in the prevalence of metabolic complications in familial partial lipodystrophy (Dunnigan variety). J Clin Endocrinol Metab 2000;85:1776-82.

10 Misra A, Peethambaram A, Garg A. Clinical features and metabolic and autoimmune derangements in acquired partial lipodystrophy: report of 35 cases and review of the literature. Medicine (Baltimore) 2004;83:8318-34.